Le mot ‘nori’

algues noriLe mot nori est un vocable du parler indigène dit Yamato-kotoba, dont l'origine précède l’écriture. On appelait les algues larges et longues ‘wakame’, ‘nurame’, ou ‘korumoha’ et les algues courtes ‘nori’. Le mot nori désignait les algues visqueuses en général. C’est seulement à partir de la fin de l’époque d’Edo (début du XIXe siècle) que le mot nori a signifié l’algue que nous connaissons aujourd’hui.

 

Le Murasaki-nori (l’algue violette) de l’époque de Nara et de Heian (VIIIe~XIIe siècles)

On peut constater que l’algue nori avait été mentionnée dans les archives du Shôsôïn et dans le ‘Fudoki’ (ancienne chronique historique et géographique) sous l’appellation d’«algue violette». Dans le code Taihou (701) huit sortes d’algues faisaient partie des articles pouvant être offerts à la cour comme impôt. L’algue violette y était citée comme la meilleure entre elles.

L’époque de Kamakura et de Muromachi (XIIIe-XVIe siècles)

A l’époque de Kamakura l’algue nori pêchée dans la mer d’Izu était regardée comme celle de la meilleure qualité. Dans l’Azuma Kagami, chronique du Shogunat de Kamakura, on apprend que Minamoto no Yoritomo a fait à quatre reprises des offrandes de nori d’Izu à l’empereur Go-Shirakawa. L’algue nori était déjà utilisée dans la cuisine végétarienne bouddhiste (Shojin Ryori) ainsi que dans les préparations traditionnelles concourant à la cérémonie du thé (Cha Kaiseki). Cet ingrédient précieux y était apprécié pour sa couleur et sa saveur.